L’affaire du centre commercial ’’El Hadj Maodo Sylla’’ examinée en correctionnelleDakar, 9 mars (APS) - Le tribunal correctionnel de Dakar, siégeant mardi au cours d’une audience spéciale, a mis en délibéré jusqu’en 30 mars prochain le verdict de jugement de l’affaire du centre commercial ‘’El Hadji Maodo Sylla’’, opposant notamment le principal promoteur du projet Amadou Ly, et ses partenaires.
Le gérant de ce centre commercial, Oumar Diène, le directeur général de l’Institut islamique de Dakar, Oumar Guèye, dont également impliqués dans cette affaire, sans compter les parties civiles, plaignantes, dont Oumar Ibrahima Dia, Thierno Drame, Mamadou Makhfouss Ly.
Selon l’arrêt de renvoi, la décision de relative à la construction du centre commercial de la grande mosquée de Dakar, a été prise le 18 avril 2000 par feu El Hadji Maodo Sylla, alors imam ratib de la grande mosquée de Dakar, avec l’autorisation du ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat.
Le promoteur Amadou Ly, qui a effectivement démarré les travaux de construction après quelques mois d’arrêt pour défaut d’autorisation de construire, a finalement obtenu ce sésame du directeur général de l’Institut islamique de Dakar, Oumar Guèye, par ailleurs, président du comité de gestion de l’ensemble de l’Institut islamique et de la Grande Mosquée de Dakar. Un contrat bail d’une durée de 20 ans a été signé dans ce cadre, le 24 mai 2004.
Selon la répartition des redevances issues de l‘exploitation du centre commercial, 70 pour cent des recettes reviendront au promoteur, 20 pour cent serviront à l’entretien et au fonctionnement de la grande mosquée, 4 pour cent seront reversés aux assurances et impôts. Le restant, soit 6 pour cent, reviendra au bureau de gestion.
L’arrêt de renvoi fait également état d’une convention signée entre le promoteur et le directeur de l’Institut islamique de Dakar, Oumar Guèye, représentant l’Etat du Sénégal, pour la construction d’un centre commercial sur le site occupé par l’Institut islamique et la Grande Mosquée de Dakar, propriété de l’Etat .
Ainsi sur les 150 magasins réalisés par Amadou Ly, les 30 ont été sous-traités avec Thierno Dramé, par le canal de Oumar Diène. Dramé a ainsi pu tirer largement profit de ses 30 magasins, selon l’arrêt.
Le 20 novembre 2007, Thierno Dramé, promoteur immobilier, a déposé plainte contre Oumar Diène, administrateur délégué du centre commercial ‘’El Hadji Maodo Sylla’’ pour une escroquerie portant sur la somme de 33 millions de francs CFA, en rapport avec un projet d’implantation de 30 magasins à raison de 1 million cent mille francs CFA par magasin.
Interpellé, le prévenu Oumar Diène a reconnu avoir reçu les 33 millions de francs CFA destinés selon lui aux droits de ‘’pas de porte’’ pour la construction du centre commercial et non à la grande mosquée de Dakar comme le soutient le plaignant.
Les parties civiles (Oumar Ibrahima Dia, Mamadou Makhfouss Ly et Amadou Ndiaye) ont soutenu à la barre avoir intégré le projet de construction du centre commercial par l’entremise d’un GIE dénommé ‘’Galoya’’. Ainsi, ils ont versé au total la somme de 112 millions de francs CFA à Oumar Diène, somme représentant les droits de ‘’pas de porte’’.
Des allégations rejetées par le promoteur du centre commercial, qui soutient que les plaignants ont fait du faux avec le GIE ‘’Galoya’’, non sans rappeler que le centre a été mis en place bien avant la naissance de ce GIE.
Dans l’arrêt de renvoi, la cour d’appel a rejeté la consignation de toutes les sommes provenant des loyers du centre commercial et détenues par Abdoulaye Diagne, désigné par l’imam pour encaisser les loyers des magasins, invoquant le fait que ce dernier manquait de neutralité pour administrer des fonds importants sans possibilité envisagée d’une reddition de comptes.
L’arrêt note que l’ordonnance entreprise pour donner à Abdoulaye Diagne la consignation des fonds est infirmée et que par conséquence, le séquestre Tanor Mbaye a été désigné à la place d’Abdoulaye Diagne, pour gérer les fonds.
A l’appui de ce point, la Cour d’appel a souligné que M. Diagne a fait des dépenses irrégulières et non autorisées, d’environ 143 millions de francs CFA, alors que le dossier est pendant devant la justice.
Dans cette affaire, les prévenus mettent en cause un ‘’lobby mal intentionné’’ constitué de notables de la grande mosquée de Dakar, qui tente, selon eux, de semer la confusion et le doute pour s’approprier du centre commercial dont la valeur est évaluée, après expertise, à environ 2,8 milliards de francs CFA.
La justice rendra son verdict dans cette affaire le 30 mars prochain, date à laquelle prévenus, plaignants et avocats seront à nouveau convoqués pour des débats de fond.
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